Ces énormes angles morts de la pensée de ceux qui croient à un « privilège blanc » par Céline Pina
Céline Pina : En déclarant qu’il existerait un privilège blanc, la ministre ne fait que remettre ses pas dans ceux d’Emmanuel Macron, qui a déclaré cela dans la longue interview qu’il a donné à l’Express le 22 décembre 2020. Hélas répéter deux fois une bêtise et un mensonge n’en fait pas pour autant une vérité. Pascal Bruckner a fort intelligemment déconstruit les représentations malsaines à l’œuvre derrière ce terme de « privilège blanc ».
Une fois de plus, le président comme sa ministre ne font qu’exhiber leur ignorance des débats intellectuels qui agitent le monde occidental en général et la France en particulier. Ils emploient des termes idéologiquement très connotés sans comprendre qu’en nommant mal les choses, ils contribuent à renforcer l’exaspération sociale et la colère politique. En effet ces débats ne sont pas qu’intellectuels. Ils sont le reflet d’une attaque idéologique contre nos systèmes égalitaires et démocratiques, attaques qui sous couvert de convergence des luttes, unissent sous la même bannière, l’islamisme, le multiculturalisme, un nouveau racisme lié à la gauche rebaptisé racialisme et le gauchisme.
Bien sûr le racisme existe. Il est malheureusement lié à l’humain qui a du mal à accepter la différence et a tendance à vouloir lier caractéristiques physiques et morales et à transformer les différences naturelles en hiérarchies sociales. Et bien sûr notre pays n’est pas épargné. Cependant il a construit sa relation à l’autre et conçu une société politique en s’appuyant sur la notion d’égalité. Se rattacher à cet idéal n’a pas fait disparaître le racisme comme par enchantement, mais la société française l’a combattu. La violence terroriste que nous avons subie n’a pas d’ailleurs donné lieu à une logique de vengeance communautaire. Le privilège blanc, comme le terme de racisme structurel, est une notion importée de pays où régnaient l’apartheid ou la ségrégation, il est lié à une situation de fait où les personnes appartenant à une minorité ethnique ou raciale n’avaient aucun droit ou très peu et étaient sous la domination juridique et politique de la majorité. Ce refus d’accorder l’égalité des droits au nom de la différence ethnique a laissé de lourdes traces là où l’égalité est une conquête juridique récente, comme aux États-Unis et en Afrique du sud. Notre pays n’est pas dans ce cas. Chez nous au contraire l’égalité en droit, au-delà des différences de sexe, de couleur de peau, de religion ou de philosophie est une passion et une raison. C’est sur cette notion entre autres que nous avons fondé notre contrat social.
