Thierry Godefridi : La « Responsabilité » face à la « culture de l’excuse » et au « tous responsables »
Jamais la responsabilité collective n’a autant été invoquée, jamais l’irresponsabilité individuelle n’a été aussi prégnante que de nos jours. Jamais, sans doute est-ce exagéré, car, dans les sociétés primitives, il en allait déjà ainsi. C’est là que le bât blesse – sommes-nous en pleine régression sociale ? – et c’est le projet d’Alain Laurent dans son livre sur la Responsabilité, publié cette année aux Belles Lettres, de « réactiver la responsabilité individuelle », la condition sine qua non d’une société libre et ouverte.
Deux idéologies contribuent à exonérer l’individu de toute responsabilité sur un plan théorique, le sociologisme et le « neuroscientisme », la première en considérant que les individus sont structurés par la société dans laquelle ils vivent (« c’est la faute à la société »), la seconde en estimant que leur agir est dicté de manière inconsciente par leur cerveau et que les individus ne disposent pas de leur libre arbitre.
