Renée Fregosi: «Le projet de loi contre le séparatisme va rater sa cible»


Le jour de la conférence de presse de ce mercredi 9 décembre tenue par le premier ministre et les principaux ministres concernés par le projet de «Loi confortant les principes républicains» n’a évidemment pas été choisi au hasard. En ce jour emblématique de la promulgation de la «Loi de 1905», leurs prises de parole ont eu le mérite non négligeable de la cohérence et de l’affirmation d’un volontarisme dont on doutait jusque là de la part du gouvernement et du président de la République.

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Le début de l’intervention de Jean Castex rappelant que la laïcité est fondamentalement un principe de défense de la liberté a en effet donné au discours officiel une tonalité nouvelle encourageante.

Les militants laïques souhaiteraient bien sûr légitimement que la lutte contre l’islamisme, ennemi déclaré de la laïcité et de la démocratie, aille au-delà de ces mesures législatives et continue à s’intensifier. Au demeurant, il convient sans doute de saluer ce premier pas franchi par la majorité au pouvoir, travaillée en son sein depuis toujours par des positions contradictoires sur la question de l’islam politique.

Par ailleurs, étant donné la contrainte constituée par le Conseil d’État et l’évolution de ses arrêts dans le sens d’une complaisance au communautarisme et d’une interprétation «droits de l’Hommiste» des libertés publiques et individuelles, ce projet de loi présente indéniablement une capacité d’adaptation positive des lois laïques de la Troisième République face à l’offensive islamiste. Toutefois, au motif du principe de non discrimination, le totalitarisme politico-religieux islamique n’a pas pu être ciblé de façon explicite dans ce texte et certaines de ces particularités n’ont pu de ce fait être directement visées et réprimées.