Emmanuel Macron : le défi de la survie sans la macronie par Christophe Boutin, politologue français et professeur de droit public


Atlantico.fr : Dans la plupart des régions et départements, LREM n’a pas d’ancrage local, l’année 2021 avec ces élections va-t-elle être révélatrice de l’absence de corps du parti ?

Christophe Boutin :
Effectivement, l'année 2020 va être celle des élections locales (départementales et régionales) en même temps que celle où les formations politiques vont se mettre en ordre de marche pour préparer les affrontements de la présidentielle de 2022. Va-t-elle « révéler » ce que vous appelez « l'absence de corps » du parti présidentiel, La République En Marche ? Je crois que cette révélation a déjà été fort claire, au niveau national comme au niveau local.

Au niveau national rappelons que LREM a régulièrement perdu des parlementaires depuis 2017, certains siégeant maintenant sans étiquette, agrégés à d’autres formations, voire pour d’autres contribuant à la création de formations nouvelles, avec pour résultat une assemblée nationale qui retrouve une fragmentation partisane inconnue depuis la Quatrième république. Les parlementaires LREM de 2017 étaient de deux types : d’abord les ralliés, largement issus de la gauche socialiste, moins du centre droit, qui avaient rejoint en 2106-2017 l’équipe de campagne du candidat Macron ; ensuite des nouveaux venus de 2017 issus « de la société civile » et dont on nous expliquait qu’ils allaient renouveler le personnel politique – une demande de nombre de Français déçus par une caste qui se refusait à traiter les questions essentielles à leurs yeux.