Le “J’Accuse” de Philippe de Villiers - suite et fin (les 3 derniers épisodes n°4-5-6)


EPISODE N°4 : Islam

“L’islam est incompatible avec notre civilisation, à cause de l’Oumma, de la Charia et du Djihad”

Valeurs actuelles. Emmanuel Macron a-t-il raison de s’attaquer au séparatisme ?

Philippe de Villiers.
C’est le Charles Martel du pauvre, avec une épée en carbone. Je l’ai entendu parler en effet d’une loi « contre le séparatisme ». Mais ce qualificatif, furtif comme un petit lutin, a fait trois petits tours et puis s’en est allé. Le mot a été mis au pluriel pour ne plus désigner personne, puis il a disparu sous la moquette. On est dans la pantomime : prétendre lutter contre le séparatisme en laissant entrer 450 000 personnes par an, c’est un jeu de scène. Prétendre dénoncer le séparatisme après l’avoir favorisé relève du salto au Cirque d’Hiver. Quand on élargit le regroupement familial aux mineurs étrangers, quand on signe le pacte de Marrakech, le 10 décembre 2018, quand on va déclarer que « la colonisation est un crime contre l’humanité », quand on ose proclamer « qu’il n’y a pas de culture française », on fait soi-même du séparatisme ! On favorise la partition, on mutile le corps central.

Du reste, le diagnostic sur le séparatisme date un peu, il est dépassé, il date des années quatre-vingt-dix. “Séparatisme” veut dire séparation, sécession. Le mot qui convient pour décrire les arrière-pensées est celui de “conquête”. L’ennemi ne veut pas se séparer de nous, il veut nous conquérir. L’idée d’une France décoloniale, c’est l’idée d’une France défrancisée par les nouveaux colonisateurs. Que veulent-ils ? Nous remplacer, nous soumettre et nous conquérir. Macron est un dhimmi de luxe qui a déjà accepté, par légèreté, la diminutio capitis.


EPISODE N°5 : Liberté d'expression et autorité de l'Etat

“La France est attaquée parce que c’est une terre chrétienne”

Valeurs actuelles. La laïcité, la République, le droit au blasphème sont-ils des armes suffisantes ?

Philippe de Villiers.
La laïcité, la République et la liberté d’expression sont des codes, comme le code de la route ou le code civil… Ce n’est pas seulement avec des codes que l’on arrête un conquérant qui a le feu au cœur et qui est prêt à mourir plus encore qu’à vivre. On l’impressionne si l’on a quelque chose à lui dire qui vienne des tripes, du cœur, de l’âme, qui vienne de la filiation ancienne. Ceux qui croient que nous allons arrêter l’islamisme avec la laïcité, la République et la liberté d’expression me rappellent la phrase de Pierre-Paul Royer-Collard qui constatait : « Les révolutions commencent toujours avec les juristes et se terminent toujours sans eux. » On ne se bat pour une terre que si c’est la terre des pères — comme disait Péguy, « les patries charnelles » —. Je parle là avec mon cœur de Vendéen, puisque 25 000 Vendéens sont morts en 1914, qui étaient les petits-fils des rebelles de 1793. Ils disaient : « La tranchée est notre nouveau chemin creux. » C’était leur terre. On se bat avec ses entrailles pour les entrailles de plus grand que soi, les entrailles de nos mères qui nous ont portés, qui nous ont allaités, qui nous ont préparé une terre d’accueil jardinée avec soin.

La République est une forme de gouvernement, mais elle ne résume pas la France. Je le dis avec d’autant plus de liberté et de conviction que mes ancêtres se sont battus pour les trois régimes successifs. Il y a dans la famille une mèche de cheveux de Napoléon donnée par lui à un ancêtre et mes deux grands-pères sont morts enveloppés dans le drapeau tricolore en chantant la Marseillaise. À dire vrai, la République souveraine a été liquidée à Bruxelles par ceux-là mêmes qui l’invoquent à tout bout de champ. Macron a livré notre corps souverain aux Cauchon de la Commission au nom de la “souveraineté européenne”.


EPISODE N°6: “qu'ils s’en aillent tous”

“Emmanuel Macron n’a pas de goût pour la France”

Valeurs actuelles. Jean Castex vous semble-t-il être l’homme de la situation ?

Philippe de Villiers.
Ah oui, je pense que c’est l’homme idoine… (rires). Il n’a pas d’équivalent. Il faut reconnaître que c’est un métier spécial que d’être déconfineur d’été, confineur d’automne, redéconfineur d’hiver et reconfineur de la Saint-Sylvestre ! Il a le profil du parfait répétiteur ventriloque. Le matin au feu, le soir au couvre-feu. Quand je le regarde, il me ramène à mes années de stagiaire de l’Ena. Il a des airs de chef de division des cartes grises à la sous-préfecture de Bayonne. Pour le récompenser d’avoir échoué dans le déconfinement, il a été promu chef de l’Absurdistan et des remontées mécaniques. Il restera dans l’histoire, comme le nouveau Régis Laspalès : « Y’en a qui ont essayé les tire-fesses… ils ont eu des problèmes… » Je le vois d’un voisinage de bon aloi auprès des portraits flatteurs de Deschanel en pyjama ou de Mac-Mahon qui s’exclamait « que d’eau, que d’eau, que d’eau tiède ! ». « Que de neige dans les stations ! » C’est l’homme qui aura interdit aux terroristes de passer la frontière suisse avec des skis.