Sami Biasoni : «La convergence des luttes a depuis longtemps cédé le pas à une juxtaposition opportuniste des causes»
Sami BIASONI. - Chez la plupart de nos concitoyens, ces images suscitent heureusement un sentiment de rejet, de l’indignation, voire de la colère face à l’expression d’une violence aveugle et répétée, alors que le pays n’aspire fondamentalement qu’à une chose: l’apaisement. Un sondage récent conduit par Elabe pour BFMTV révèle que deux-tiers des Français ont confiance en leur police et en leur gendarmerie, bien qu’irrémédiablement - sous les coups de boutoir de militants déterminés et organisés - cette confiance ne s’érode.
À LIRE AUSSI :Douglas Murray: «Français, mes amis, tenez bon face à l’islam radical!»
Chaque week-end, ou presque, les centres urbains deviennent désormais les théâtres de manifestations de tous ordres: au nom de la «justice sociale», de «l’urgence climatique», «des oppressions raciales», «des violences policières», du «droit» des clandestins, on défile. Peu importe le confinement, peu importe la souffrance de commerçants et des riverains impuissants, peu importe le fait que les forces de l’ordre soient à bout de souffle après des mois de mobilisation sur le terrain: à la faveur de la gêne gouvernementale en la matière, on s’indigne et on le fait savoir.
La convergence des luttes a depuis longtemps cédé le pas à une juxtaposition opportuniste des causes. Et aux côtés de ceux qui marchent, on trouve irrémédiablement ceux qui expriment leur détestation du monde dans lequel ils vivent, en cassant. Parce que tout est désormais filmé, monté et potentiellement instrumentalisé, la police est en passe de perdre le «monopole de la violence légitime» au profit d’une légitimité d’ordre «moral» imposée par ceux qui s’en autoproclament les dépositaires.
