Le général Pierre de Villiers : «Les Français réclament de l’autorité»


C'était la première crise du quinquennat d'Emmanuel Macron. En juillet 2017, le général Pierre de Villiers, chef d'Etat-major des armées, démissionne de ses fonctions après un clash ouvert avec le nouveau président. Il jure n'avoir gardé « aucune rancune » contre le chef de l'Etat, comme il le confie en aparté de l'entretien accordé au Parisien - Aujourd'hui en France.

Lui-même a fait du chemin depuis, en devenant le militaire le plus populaire du pays, comme en témoignent ses triomphes en librairie. Ses deux premiers livres (« Servir » en 2017, et « Qu'est-ce qu'un chef? » l'année suivante) se sont écoulés à 170 000 exemplaires chacun. Pour son troisième opus, paru mi-octobre, la seconde vague du Covid l'a empêché de multiplier ces dédicaces qu'il chérit, et qui drainent à chaque fois des dizaines de fans. Frustré? « Je suis comme les Français, un peu morose. Ce n'est pas une période facile », confie cet homme de 64 ans. Beaucoup de ses nombreux supporters rêveraient de le voir se lancer en politique, mais l'ex-officier jure que son combat est ailleurs : « Réparer la France », comme il est écrit sur le bandeau de son ouvrage. Presque un programme…


“Comme en 1789 ou en 1914”, Pierre de Villiers a estimé que le pays pouvait “basculer (…) s’il y a une étincelle”.

Coronavirus, délinquance, islamisme, terrorisme… Le général De Villiers est de plus en plus préoccupé par la situation en France. L’ancien chef d’Etat-major des armées a accordé une interview au Parisien. S’il a donné son point de vue sur plusieurs faits d’actualité, il a surtout glissé que la France pouvait « basculer lentement, ou très rapidement s'il y a une étincelle comme en 1789 ou en 1914 ». Pierre de Villiers explique ainsi que « la France est une vieille démocratie, un pays mûr, mais elle a historiquement du mal à se réformer. » Il a alors déclaré au quotidien que sa crainte était de voir naître une « guerre civile » sur le territoire. « Quand on décapite un prof devant un collège ou qu'on assassine trois personnes venues prier dans une église… »