Malika Sorel : « Face à l’islamisme, je ne comprends pas pourquoi on continue à déplorer les conséquences dont on chérit les causes »
Malika Sorel-Sutter : L’intitulé est bon car les principes républicains ont besoin d'être confortés, mais j’ai du mal à voir de quelle façon ce texte de loi y parviendra. Il comprend plusieurs parties. Des articles ambitionnent de "garantir le respect des principes républicains" en sanctionnant leur non respect. Ils sont intéressants mais se bornent à tenter, péniblement, de courir après les conséquences.
Dans d’autres articles, et au prétexte que cela serait plus simple d'assurer les contrôles qui lui incombent, l'État en vient à vouloir favoriser le financement du culte par le biais du passage des associations du régime de 1901 vers celui de 1905. Cette migration procure de nombreuses exemptions fiscales sur les donations et legs; les taxes foncière et d’habitation. L’État et les communes pourront garantir certains emprunts visant la construction de nouveaux édifices religieux et auront une plus grande facilité pour accorder des baux emphytéotiques au loyer symbolique... Selon le bon principe de Lavoisier "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme", toute déduction fiscale correspond à une amputation équivalente de rentrées pour les caisses de l'État.
Le concept de "séparatisme" que le Président a fini par abandonner disait clairement ce qui est à l'oeuvre, à savoir la décomposition française. Peu à peu, la nation se décompose en groupes, et l'unité nationale s’enfuit, sacrifiée sur l’autel d’un vivre-ensemble qui a été dissocié des fondamentaux culturels du peuple français. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi vient de le rappeler à sa manière en déclarant que “Les valeurs religieuses doivent avoir la suprématie sur les valeurs humaines”. En France, 57 % des jeunes musulmans pensent que la charia est plus importante que la République ( Ifop nov 2020). L'école a échoué dans sa mission et personne ne se demande pourquoi.
