Mathieu Bock-Côté : «Résister au monde des quotas diversitaires»


Emmanuel Macron croit manifestement encore aux vertus du «en même temps». S’il tient bon lorsqu’il faut défendre la liberté d’expression contre l’islamisme qui voudrait imposer sa définition du blasphème, il se montre complaisant devant les communautarismes dont il faudrait assurer une meilleure «représentativité». Ainsi, il a fait savoir, dans le cadre de son interview fleuve au média en ligne Brut., que le gouvernement présenterait une liste de plusieurs centaines de personnes issues de la «diversité» pour les intégrer au paysage visuel français, en invitant les maires à leur consacrer des noms de rues et des statues.

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La proposition, qui se veut «inclusive», est moins évidente qu’il n’y paraît. Ce n’est évidemment pas le fait qu’on veuille reconnaître la valeur de Noirs ou d’Arabes qui cause problème, mais qu’ils soient choisis en tant qu’échantillons représentatifs de catégories ethniques, comme s’ils devaient être réduits à leurs origines ou condamnés à les brandir en étendard jusque dans la tombe. N’y a-t-il pas un problème à vouloir les représenter en tant que Noirs ou en tant qu’Arabes? Faut-il vraiment transformer ces figures à honorer en chair à quota? Faut-il supposer que l’univers symbolique français est «trop blanc»?