Babeau: Du cinéma étatisé et subventionné... au puritanisme à l’américaine

C’est peu dire que la cérémonie des Césars a tenu toutes ses promesses. L’autocélébration traditionnelle, convenue et ennuyeuse, s’est achevée en un feu d’artifice d’imprécations. Les portes ont claqué comme dans une pièce de Feydeau. La fête de la grande famille du cinéma français a tourné au pugilat, la laissant éparpillée «façon puzzle», comme aurait dit Audiard. Cette soirée a été l’expression des maux profonds dont souffre notre cinéma.
Le premier est lié à la crise de la valeur du film. Le secteur est ébranlé par de nombreux bouleversements: transformation des modes de consommation de l’image, explosion du nombre de canaux de diffusion, montée en puissance de la série comme genre créatif de pointe, développement de plateformes internationales investissant des milliards dans la production sans aucun égard aux règles byzantines de notre chronologie des médias… Derrière les chiffres rassurants de la fréquentation des salles, on peut s’inquiéter de la concentration des entrées sur quelques blockbusters cachant les très nombreux films qui ne trouvent pas de public.
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