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Amine El Khatmi : "Les Arabes et les Noirs ne sont pas des victimes de la France blanche"

Atlantico : Pourquoi le discours antiraciste vous met-il en colère ? Quel regard portez-vous sur les propos d'Hélène Sy, la femme de l’acteur français, qui a accusé un policier noir d'être dans le mauvais camp ?

Amine El Khatmi : Entendons-nous bien, ce n’est pas le discours antiraciste qui me met en colère mais son dévoiement par quelques-uns. Lutter contre le racisme et les discriminations qui frappent une partie de nos concitoyens est une impérieuse nécessité. Mais ce à quoi nous assistons est l’illustration parfaite de ce que le politologue et co-fondateur du Printemps Républicain Laurent Bouvet nomme « l’âge identitaire ». 

L’universalisme, qui était le pilier et la condition même de l’antiracisme, est attaqué par des individus qui rêvent d’importer en France le modèle américain. On ne parle plus de commun mais de « racisés », de « concernés », « d’indigènes », « d’alliés » que l’on oppose à la « blanchité » et à un prétendu « racisme d’Etat » qui régnerait en France. C’est le triomphe de l’assignation à résidence identitaire, une surenchère qui au lieu d’un combat commun et universel contre le racisme aboutit à un choc des communautés. Les noirs d’un côté, les arabes de l’autre, les blancs ailleurs et ainsi de suite.


Selon cette logique délétère, un policier comme Abdoulaye Kanté est donc d’abord perçu comme noir, membre d’une communauté, tenu d’être solidaire. Le fait que lui-même se voie d’abord comme un citoyen français ne compte plus, puisque d’autres ont décrété pour lui qu’il était d’abord noir. Et ce faisant, exerçant le métier de policier, il apparaît alors comme un traître à sa communauté, un « vendu », un « nègre de maison », puisque dans le monde imaginaire et manichéen de ces gens, la police est structurellement raciste et est en guerre contre les Noirs.


Policière et porte-parole d’un syndicat, Linda Kebbab a elle aussi eu droit à son « Arabe de service », insulte proférée par l’agitateur professionnel Taha Bouhafs, qui devra d’ailleurs en répondre puisque plainte a été déposée contre lui. Certes, Hélène Sy, sans doute plus urbaine que Monsieur Bouhafs, n’a pas eu de mots aussi crus et violents mais lorsqu’elle dit à Abdoulaye Kanté « ils ont fait de vous le porte-parole noir de la police qui va faire tous les médias afin de les déculpabiliser », elle réduit Monsieur Kanté à la couleur de sa peau, la pose comme un préalable. Les mots sont certes choisis mais le fond de l’affaire est le même : c’est une façon de dire que vous devez penser selon votre origine, faute de quoi vous êtes un traître. Décréter que les individus appartiennent à leur sang, n’est-ce pas le début du racisme ?

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