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Marie-Hélène Verdier : Un peuple de statues


Un « peuple de statues ». Tel est le titre donné par Jacqueline Lalouette, professeur émérite de l’Université de Lille, à son livre paru en 2018, qui étudie, à travers 264 photographies de Gabriel Bouyé, les statues de pierre et de bronze qui ornent les places et les jardins publics de nos villes et de nos villages. Déboulonner les statues fut toujours un sport national. Mais ce sport prend, de nos jours, une tournure idéologique inquiétante. On connaît la réponse célèbre du duc de La Rochefoucauld-Liancourt à la question de Louis XVI : « C’est une révolte ? Non Sire, c’est une grande révolution ».

En ce moment, tout le monde y passe. Après Colbert, au tour de la statue de Faidherbe d’avoir été taguée, dans la nuit de samedi, avec « Colon, assassin ». (Honni soit qui mal y pense : cela se passait à Lille). Pourquoi Faidherbe, le héros qui a préservé la région de l’invasion prussienne ? Parce qu’il fut le gouverneur du Sénégal. À Bourges, la statue de Jacques Cœur a été taguée, avec l’inscription, en lettres rouges : « colonialisme. » À Villeneuve-sur-Lot, la statue de Gambetta a été enlevée de son socle. La pensée décoloniale, son terreau idéologique fertilisé par l’intersectionnalité des genres, a incubé dans les universités : il est maintenant dans la rue. Sous les pierres, l’indigène. Il est donc normal qu’on s’en prenne au peuple de pierre et de bronze qui rend visibles notre histoire, nos héros, notre mémoire.

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