Ran Halévi: «Le théorème de l’“équité raciale” ne réconciliera pas l’Amérique»

Joe Biden a promis l’unité nationale, mais il entend faire de l’équité raciale un principe de gouvernement. Pour l’historien, il s’agit d’une notion radicale qui postule l’existence d’une discrimination systémique, ce qui ne contribuera pas à calmer les tensions partisanes.


Le discours d’investiture de Joe Biden était rythmé par de vibrants appels à la réconciliation nationale. «Unité, unité», a-t-il répété en invitant ses compatriotes à «restaurer, réparer, soulager» une Amérique encore traumatisée par l’émeute du Capitole. Allocution sans grand éclat mais dont la simplicité apaisante tranchait avec la faconde impétueuse de son prédécesseur.

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Les exhortations présidentielles se heurtent cependant à une réalité qui s’obstine à les démentir. Le dialogue bipartisan, que M. Biden n’a cessé de pratiquer au cours de sa longue carrière, n’est plus au goût du jour. À gauche comme à droite, beaucoup l’assimilent à une forme de trahison: envisager des compromis, c’est se compromettre dans une Amérique qui est devenue, pour citer le mot fameux de Lincoln, «une maison divisée contre elle-même». Et le nouveau président risque lui-même d’y contribuer en prenant des initiatives qui contrarient son vœu de pacifier le pays.