François d'Orcival : Le “programme commun” des Verts, déjà condamné ?


Bordeaux à vélo, en short, en tongs, sac au dos et masque sur le nez (là, c'est à cause de la pandémie) : en deux mois, le style est donné. Ici comme ailleurs, dans les villes conquises par des majorités écolos, on installe de nouveaux codes. La semaine dernière, le nouveau maire écologiste de la ville, Pierre Hurmic, présentait son programme : il tenait en un mot répété trois fois à la minute, le verbe “végétaliser”, et son substantif, “végétalisation”, pour faire passer la “ville au vert”. Laquelle recevra bientôt une “forêt urbaine sanctuarisée”, où seront plantés des arbres fruitiers, protégés par une « charte des droits de l'arbre », comme d'autres chantent les “droits des animaux”.

Mais, précise le maire : « Nous ne mettrons pas d'arbres morts. » Ah non ! L'arbre mort, c'était le sapin de Noël qui illuminait la place Pey-Berland de sa hauteur et de ses kilomètres de guirlandes durant les fêtes. Une pétition a donc été lancée pour faire revenir la municipalité sur sa décision. On n'avait pas vu la suppression du sapin de Noël dans le programme vert !

Ce programme avait-il été approuvé par une majorité d'électeurs de Bordeaux ? En réalité, elle n'a été bâtie, au second tour des municipales le 28 juin dernier, que par 26 509 électeurs sur les 151 324 de la ville, soit moins de 18 % des inscrits. Parce que 38 % des électeurs seulement se sont déplacés pour voter, laissant les 62 % autres se réfugier dans l'abstention, par indifférence ou par souci sanitaire, quitte à déplorer plus tard les dégâts de leur décision.