Guillaume Tabard : «Reboulonner les statues nationales»


Le 4 septembre 1970, Georges Pompidou célébrant place de l’Hôtel-de-Ville le centenaire de la proclamation de la République, la seule dissonance était venue de trente-neuf militants royalistes potaches vite interpellés et aussitôt relâchés. Cinquante ans plus tard, on aimerait que la République n’ait pas d’autres ennemis qu’une poignée de monarchistes ayant la nostalgie pour seule arme.

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À l’heure où s’ouvre le procès des attentats islamistes de 2015, au moment où la société est ébranlée par ce qu’Emmanuel Macron appelle le «séparatisme» , alors que l’esprit d’unité s’efface devant la logique des anathèmes, tandis que toute autorité ou parole publiques est frappée de discrédit, et dans une période où des militants sans culture s’en prennent aux statues des figures les plus lumineuses du récit national, on mesure à quel point aujourd’hui, la République est effectivement en danger. C’est ce qui justifie le discours du chef de l’État, ce vendredi au Panthéon, et le rend nécessaire.

L’Élysée promet un discours de «combat». Et pour cause: la République ne va plus de soi. Quel contraste, là encore, avec 1970. Outre que c’est le premier ministre et non le président qui avait parlé, Jacques Chaban-Delmas avait alors pu disserter tranquillement sur les mérites de la Ve République, opposés aux faiblesses de la IIIe et de la IVe. Et plaider pour une pincée de «participation» et de «concertation» dans la vie démocratique. Aujourd’hui, ce ne sont pas les institutions qu’il faut dépoussiérer - Macron a fait une croix sur ses projets constitutionnels - mais les fondations qu’il faut d’urgence consolider ; et même reconstruire.