Marcel Kuntz : “Le fameux Comité consultatif national d'éthique est une farce”
Marcel Kuntz. On parle de “ciseaux moléculaires” ou de “gene editing”, que l’on peut traduire par réécriture de gène. Il s’agit d’une nouvelle méthode pour modifier les gènes, c’est-à-dire l’ADN. Certains considèrent que cette méthode peut remplacer la transgénèse. Je crois plutôt que les deux sont complémentaires. On peut comparer la transgénèse à une greffe, dans ce cas d’un gène. Par exemple chez une plante, une capacité à se défendre seule contre des agresseurs, en remplacement d’un traitement chimique.
La réécriture de gène est, elle, plutôt assimilable à de la chirurgie fine, d’où le terme de « ciseaux ». En fait, lesdits ciseaux sont une protéine qui coupent l’ADN, non pas au hasard comme cela se passe constamment, de manière naturelle, dans les cellules, mais à un endroit que l’on peut choisir. Ensuite, la cellule répare son ADN (fort heureusement sinon la vie ne serait pas possible !), mais de temps en temps elle fait des “erreurs”, et c’est précisément ces copies non conformes qui sont favorisées par ce “gene editing”. Notons au passage que les « mutations », naturelles ou induites par l’Homme, créent la biodiversité !
Nous joignons ci-dessous une note qui a été communiquée par Marcel Kuntz à l'équipe de rédaction de Méchant Réac ! Nous le remercions encore de l'intérêt qu'il nous porte.
A noter que nos gentils progressistes sont contre le progrès (que je cite au début), mais pour les horreurs que je cite à la fin :
Oui à la fabrication de bébés sur mesure, non à l'intervention sur le génome du melon ou du maïs : comment expliquer ce paradoxe français ? Je fais une différence irréductible entre ce qui s’inscrit dans des invariants anthropologiques et ce qui relève de leur déconstruction. L’Homme a toujours modifié les espèces végétales, certes pas avec les méthodes récentes, mais par une sélection au hasard en fonction des nécessités : sans sélection génétique des plantes, pas d’agriculture ; et sans agriculture, pas de sociétés humaines organisées ! Les plantes transgéniques s’inscrivent dans cette longue histoire humaine. Leur évaluation avant utilisation s’inscrit dans une vertu de prudence, à ne pas confondre avec le « précautionnisme » idéologique et sans fin (plus de 20 ans sans oser cultiver un maïs transgénique, évalué sous tous les angles, cultivé massivement ailleurs, et de plus tombé dans le domaine public, relève de cette idéologie). En revanche, amalgamer des cellules humaines et animales dans un embryon, avec des cellules humaines transgéniques, est en rupture avec cette prudence anthropologique et avec une certaine philosophie de la limite. Par un glissement classique, nous irons inévitablement vers toujours plus de permissivité. En effet, le fameux Comité consultatif national d'éthique est une farce vouée à enregistrer le soi-disant « sens de l’histoire ». Il entérinera la prochaine « avancée », comme il acceptera les mères porteuses après la PMA. On peut déjà prévoir l’argumentaire : comme cela se fait à l’étranger, il vaut mieux que cela se passe en France, ce qui est le degré zéro de l’éthique !
