Du tweet au journal télévisé: la mécanique insidieuse de la désinformation - Par Vincent Champain et Richard Robert

L’enrôlement des médias grand public est le graal de la désinformation en ligne. Il n’est certes pas facile à une fake news d’être reprise comme une information valide par des médias reconnus, parce que les journalistes ont justement pour mission de départir le vrai du faux. Pourtant, certains biais du métier, ou la pression mise sur la course à l’audience, sont exploités par les acteurs de la désinformation. Cette brèche dans les lignes de défense de la démocratie peut être réparée, si l’on comprend comment elle a été créée. Par Vincent Champain et Richard Robert.


Les chercheurs spécialisés ont développé la notion de « cycle de la désinformation » pour décrire ce qui s’apparente aussi à une chaîne de valeur. Les médias peuvent constituer dans cette chaîne un maillon particulièrement précieux. Ils offrent deux avantages pour les propagateurs de fake news et autres théories du complot : une ouverture vers un large public qui n’est plus celui de leurs followers sur les plateformes, mais aussi un effet de légitimation. Celle-ci fonctionne aussi vis-à-vis des algorithmes de modération : un partage vers un article du monde.fr ou du figaro.fr ne sera pas filtré, et il sera même souvent pondéré plus fortement qu’un lien lambda.

L’insertion des médias dans le cycle de la désinformation

Un premier cas de figure voit des médias partisans s’insérer en toute connaissance de cause dans un dispositif de propagande négative. L’affaire « Hillary’s Health », lors de la présidentielle américaine de 2016, en offre une excellente illustration[1].

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